Des jeux tous pourris ? pas grave, le service marketing veille!!
Première question : qu’est-ce qu’un jeu pourri ?
Première réponse : c’est ca.
Forcément, présenté comme ca, tout est noir (donc impossible de savoir si c’est laid ou beau), il y a une fille avec une jolie voix qui explique comment le jeu est trop top kiffant que tu t’y crois. Au moins un peu. On peut exploser les ennemis de 143 manières différentes, dont 137 s’apparentent à la torture des prisons secrètes américaines (de la bande adhésive sur une bouteille d’alcool percée et un briquet…). Tout cela semble fort alléchant.
Le jeu est sur le point de sortir (ou est peut être sorti) et c’est le grand moment que redoutent les créateurs de jeux vidéo : la critique de la presse. Passage obligatoire, on en finit toujours au même point : si la critique est bonne, elle est validée, mais si elle est mauvaise, elle a été faite par des pseudos journalistes trop nazes pour ecrire dans un vrai journal (car bon, quoi qu’on en dise, XBox magazine n’a pas le même standing que le monde). Et on se plaint, on crie au génie incompris, et qu’on préfère être les seuls imaginatifs dans un monde de crétins plutôt que de faire des jeux sans âme et imbéciles comme les jeux du concurrent.
Et voilà la réponse de la critique. 3/10. Le jeu est tout pourri. Dés que l’on a le joystick entre les mains, tout s’écroule; c’est injouable, on ne voit rien, et le système d’inventaire (les gadgets accrochés a votre ceinture) ne fonctionne pas. la référence en matière de critiques est metacritic qui ne publie pas d’avis personnel mais fait la moyenne des notes publiées sur les sites et dans les magazines, et le jeu récolte pour l’instant un faible 69 % (et encore, c’est grâce au généreux XBox magazine qui lui a mis un magnifique 8/10 avec en commentaire “un jeu qui doit être essayé par tout le monde”. Pour faire quelques ventes).
C’est là que le service marketing se met en branle; Atari, éditeur du jeu, a contacté certains magazines de jeux vidéo pour leur demander (gentiment) de retirer le minable 3/10 sous peine de procès, car la version du jeu qu’ils avaient testé était une copie pirate (et donc, sous-entendu, loin de la qualité du VRAI jeu non piraté).
L’indépendance des magazines de jeux vidéo est souvent remise en question ; le trophée, un jeu noté à plus de 90 sur metacritic, assure des ventes par millions. Un jeu mal noté se vend mal. Les éditeurs sont persuadé que les ventes découlent directement des notes recues dans les magazines ; mais qui sera assez courageux pour leur dire que c’est lorsqu’un jeu est tout pourri qu’il ne se vend pas ? qui se sent d’aller à Lyon pour leur dire que le jeu pue le camembert et que menacer les pauvres petits journaliste ne changera rien ?
En d’autres mots, malgré les menaces d’Atari, le jeu est une merde. Il ne faut pas l’acheter. Et ce n’est pas quelques procès et un 70 % qui y changera beaucoup. Alors laissez les journalistes tranquilles.
hibiscus a répondu :
S’ils ont pondu un jeu nul, ils n’ont qu’à assumer, je trouve. Il faut pouvoir supporter la critique, bonne ou mauvaise. C’est pareil pour les livres, les films ou la musique.
2008-06-22 at 14:16. Permalien.